Chapitre 6
Debout au milieu de la pièce, Elias se forçait à ne pas rire. Il prenait un malin plaisir à voir cette « blondasse » le regarder avec des yeux ronds, complètement abasourdie. Depuis qu’il avait
entendu sa voix, son ton si égocentrique, il ne l’aimait pas et, lorsqu’elle avait dévoilé ses réelles intentions, il s’était précipité dans le salon. Maintenant, exposé dans toute sa nudité devant
les deux adultes, il n’éprouvait que de la satisfaction. Ses yeux verts, fixés sur la jeune femme, étaient plus brillants que jamais. Une moue inoffensive et surprise se peignait sur son visage.
Son regard se dirigea vers Thybalt qui ne pouvait s’empêcher de le contempler avec un regard rieur et rempli de désir. Un frisson le parcourut des pieds à la tête sous ces yeux brûlants. Eloise
détourna alors le regard et lança, d’une voix crispée :
- Thybalt, qu’est-ce que c’est que ça ?
Elias, aussi curieux que la jeune femme, attendait avec impatience la réponse. Thybalt mit un temps avant de répondre, choisissant ses mots avec soin.
- Eloise, je te présente Elias. Mon amant.
Le cœur du jeune homme manqua un battement. Amant ? Il eut peur de ne pas avoir bien entendu. Eloise transmit la question qu’il se retenait de ne pas crier :
- Quoi ?!
Elle semblait incroyablement choquée. Ses mains étaient crispées sur sa jupe beige, froissant le tissu. Thybalt poussa un soupire lassé.
- Je te le répète, Elias est mon amant. Il vit ici, avec moi.
Celui-ci éprouvait un tel bonheur que son cœur allait exploser. Il s’aperçut qu’il avait la bouche ouverte et il s’empressa de la refermer. Eloise, quant à elle, semblait sur le point d’exploser,
soit en larmes, soit de rage. Son visage était tordu par la fureur et ses joues avaient pris une teinte rougeâtre. Elle se releva, brusquement, et se tient, menaçante, devant Thybalt qui la
regardait avec calme. Il semblait avoir anticipé sa réaction.
- Qu’est-ce que tu racontes ?! cria-t-elle d’une voix presque hystérique. Il y a quatre jours tu vivais seul. Tu ne peux pas habiter avec quelqu’un du jour au lendemain !
- C’est pourtant ce que j’ai fait.
- Tu ne peux pas être avec …
Elle tourna son regard vers Elias qui était resté à la même place et avait croisé ses bras sur son torse. Ses yeux étaient remplis de dégoût mais le jeune homme ne détourna pas le regard et eut
même un léger sourire moqueur. Elle fit un geste rageur de la main en direction du jeune homme.
- … Cette chose !
Thybalt se leva à son tour, prit un plaid qui se trouvait sur un fauteuil et contourna le canapé pour venir se placer entre Elias et Eloise. Il tendit la couverture au jeune homme qui la noua
autour de ses hanches. Thybalt prit alors la parole :
- Ne le traite pas comme ça. Tu ne le connais pas !
Sa voix était cinglante, mais Eloise n’en tint pas compte, et continua de crier à tout bout de champs :
- Comment tu peux faire une chose pareille ? Comment tu peux … avec ça ?!
Thybalt serra la mâchoire mais ne dit rien. Eloise, au bord de la crise de nerf, continuait :
- Toi ! C’est le comble ! Un psychologue qui devient fou !
Elle se mit à rire. Un rire glacial. Elias la regardait, un peu dépassé par les événements. Thybalt, les muscles tendus, restait au milieu, sans rien dire, attendant que l’orage passe. Eloise se
tourna alors vers Elias qui eut un mouvement de surprise. Ses yeux humides lançaient des éclairs.
- C’est à cause de toi ! C’est toi qui l’as forcé à devenir un sale homosexuel dans ton genre !
Elias s’approcha alors, se mettant devant Thybalt qui se contrôlait avec peine. Il eut un sourire forcé, et écarta les bras en signe d’impuissance.
- Ce n’est pas de ma faute s’il préfère les queues.
Eloise fut coupée dans son élan, choquée. Elias, gardant un visage ironique, poursuivit :
- Si tu savais à quel point il est beau quand il jouit … Il n’arrête pas de gémir.
Thybalt posa une main sur son épaule et murmura :
- Elias …
Le jeune homme n’en fit pas attention.
- Quand je repense à sa queue, profondément en moi, j’ai envie de recommen …
Il n’eut pas le temps de finir sa phrase qu’Eloise parcourait déjà les quelques mètres qui les séparait. Elle le gifla alors avec violence, produisant un bruit qui résonna dans la pièce. Thybalt,
en un mouvement, emprisonna le jeune homme entre ses bras. Elias frottait sa joue meurtrie d’une main, un sourire sur les lèvres.
- Et bien …
Eloise craqua alors. De chaudes larmes brouillèrent sa vue et vinrent glisser sur ses joues. Elle porta son regard sur Thybalt qui serrait Elias contre lui. La jeune femme rigola d’un rire triste,
et dit d’une voix cassée :
- C’est injuste. Ca fait maintenant des années que je fais tout pour que tu aies des sentiments pour moi. Je n’ai pas arrêté, une seule seconde, de penser à toi … Et un… gamin arrive et te voilà en
couple. Avec un homme…
Elle baissa la tête d’un mouvement las.
- Je t’ai toujours aimé Thybalt. Mais tu n’as jamais fait un geste vers moi. Tu ne m’as jamais regardée comme tu le regardes maintenant.
La jeune femme sortit un mouchoir d’une poche et s’essuya les yeux. Elle redressa la tête et planta son regard dans celui d’Elias.
- Je suis jalouse…
Elle attrapa alors son sac et se dirigea vers l’entrée, le dos droit.
- Ne crois pas que tu aies encore gagné. Je ne te le laisserai pas.
Et, avec le peu de fierté qui lui restait, elle ouvrit la porte et sortit.
Les deux jeunes hommes restèrent un instant dans la même position, dans un silence total. Puis Elias se gratta la gorge avant de dire :
- J’étouffe.
Thybalt, revenant sur terre, le relâcha, un sourire sur les lèvres. Il passa alors une main dans ses cheveux et baissa la tête.
- Je suis désolé.
Elias glissa un main sous son menton, le forçant à le regarder, et lui sourit.
- Ce n’est pas ta faute. De toute façon, je l’ai cherché.
Il se frotta la joue et rigola. Thybalt le reprit alors dans ses bras, collant son corps au sien. Elias se laissa faire et enfouit son visage dans son cou. Son odeur l’enivrait, ses bras si
puissant l’étouffaient de bonheur. Il sentit alors une gêne au niveau de son bas-ventre. Il se recula et regarda Thybalt dans les yeux.
- J’y crois pas …
Il baissa son regard rapidement et éclata de rire.
- Tu bandes !
Le jeune homme, quelque peu gêné, essayait de cacher son érection par ses mains et prit un ton innocent :
- Qu’est-ce que tu racontes ? Je ne vois pas de quoi tu parles …
Elias fut parcouru d’un frisson d’excitation. Il vint se recoller au corps bouillant de Thybalt et se dressa sur la pointe des pieds pour parcourir le cou du jeune homme de baiser humide. Sa langue
traçait des sillons sur sa peau douce. Il murmura alors, tout en glissant ses mains sur le sexe gonflé de son amant, à travers le tissu :
- Je vais lui prouver que tu préfères les queues …
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